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Movie Review: The Man From London, by Stanislaus Lefort
Critique de film : L'Homme de Londres, de Sanislaus Lefort
Que représente L'Homme de Londres dans l'œuvre de Tarr? Dans le plan-séquence initial, d'une durée de douze minutes, l'objectif, comme dans aucun autre travelling de Tarr, arpente et s'approprie tout l'espace, montrant par sa fluidité et sa liberté à quel point les personnages sont prisonniers de leur gravitation. La caméra semble avoir des ailes pour mieux regarder les hommes et les aimer, sans jamais les juger. En ce sens, elle est la sœur de Damiel et Cassiel, les deux anges du film Les ailes du désir (Wim Wenders, 1987). Comme eux, elle se glisse sans hâte, hors du temps, pour aller jusqu'au cœur des êtres, prête à capter chacune de leurs convulsions dans un monde où la mort est l'unique certitude, l'habitude par excellence de l'humanité.
Where does The Man from London fit into Tarr’s works? In the first scene – a shot twelve minutes in length – the lens surveys and captures the entire space in a way unknown to the tracking in Tarr’s other works, and shows, by its fluidity and freedom, at what point the characters are prisoners of their own gravitation. The camera seems to have wings so it may better watch the men and love them, without ever judging them. In this way, it is sister to Damiel et Cassiel, the two angels of Wings of Desire (Wim Wenders, 1987). Like them, Tarr’s camera leisurely insinuates itself, beyond concepts of time, and penetrates the heart of beings, ready to capture each of their convulsions in a world where the only certainty is death, humanity’s habit par excellence.
Book Review: A Power Named Desire
Critique de livre : Un pouvoir nommé désir
« Catherine Nay possède des réserves infinies d’acuité s’il s’agit d’évaluer les forces et les faiblesses d’un fauve politique, qu’elle regarde en l’occurrence avec une sympathie railleuse et une amitié ironique »
-Alain Duhamel in Le Point
Catherine Nay possesses limitless mental acuity when it comes to evaluating the strengths and the weaknesses of a political tiger; one whom she regards, in this case, with mocking sympathy and wry camaraderie.
-Alain Duhamel in Le Point
Excerpt from a Novel: Love Alone by Laurence Plazenet
Extrait d'un Roman : L'amour seul de Laurence Plazenet
Il dirait encore : lorsqu’il l’avait rencontrée, son ambition commençait à faillir. Plut tôt, il avait été dévoré par les mots, les livres, la pensée. Ils ne lui avaient rien rendu de son ardeur. Il s’était vu, tout d’un coup, vieillir. Sa vie se réduisait à un suite de tribulations qu’aucun talent particulier n’avait unie, transfigurée. Il était sans vraie sagesse. Il aimait Marc Aurèle, mais il ne faisait que ruminer, rabâcher des préceptes. Il était poussé en avant par la chair, par l’orgueil, des aspirations contradictoires dont la déraison le plongeait dans des crises de dégoût brutales. Il connaissait ses limites. Il s’était juré de se contenter de peu. Il voulait ne plus rien vouloir, rompre ses envies et l’amertume qui le consumait. Vous n’avez pas idée de ce que c’est que de se trouver au-dessous de ce qui attire son admiration, de ne pas extraire de soi, en dépit du temps et des efforts qu’on fournit, la moindre chose qui méritât estime, la plus réduite des satisfactions. On se manque d’honnêteté. Devant soi, on n’a pas d’honneur. Je crois que je vous ai détestée la première fois que je vous ai vue. Vous portiez sur votre visage ce désir de la beauté, cette foi que les jeunes gens ressentent pour la science, pour l’amour, les personnes dont ils se font des abimes. J’avais connu ce vertige jusqu’à la hantise. Je n’ai pas eu de cesse de vous blesser, de vous humilier ; j’aurais voulu vous briser pour que la répétition de l’anéantissement donnât la figure de l’imparable à mon propre glissement vers rien. Vous étiez comme un visage intérieur que j’avais mutilé et qui resurgissait soudain. Le monde est si épandu et tout sensuel et visible. Je voulais que vous fussiez un leurre. Une illusion. Que vous ne fussiez pas.
He would also say: when he met her, his ambition began to falter. Before, he had been consumed by words, books, thoughts. They had not repaid his ardor. All of a sudden, he saw himself growing old. His life amounted to a series of tribulations, neither bound nor transformed by any particular talent. He was without any real wisdom. He loved Marcus Aurelius, but he only ruminated, reiterated imperatives. He was propelled by flesh, by pride, contradictory aspirations whose inanity plunged him into sudden crises of disgust. He knew his limits. He had vowed that he would content himself with little. He wanted to no longer want anything, to sever his desires and the bitterness that consumed him. You do not know what it is to find yourself beneath that which draws your admiration, to fail to extract, despite time and effort contributed, the slightest thing worthy of praise or the most paltry of satisfactions. It is to blunder honesty. It is to stand before oneself completely devoid of honor. I believe I despised you the first time I saw you. Your face wore that longing for beauty, that conviction that youth feel toward science, toward love, toward those people whom they turn into chasms. I once knew this vertigo, near- dread. Constantly I hurt you, humiliated you; I wanted to break you so that the litany of annihilation made my own descent toward nothingness appear inevitable. You were like an interior portrait which I had mutilated and which suddenly resurfaced. The world is so far-flung and all sensual and visible. I wanted you to be a decoy. An illusion. I wanted you not to be.